Sede Vacante 1644


July 29, 1644—September 15, 1644

Letter of King Louis XIV to Ambassador the Marquis de Saint-Chaumont

(Fontainebleau, October 4, 1644)


Louis XIV,Lettre du Roy escrite son Ambassadeur Rome, le 4. Octobre 1644 (Paris 1649), 3-6:

 

Lettre du Roy escritte a son Ambassadeur a Rome, le 4. Octobre, 1644.

Monsieur le Marquis de Saint-Chaumont,

Le 28. du passé le Comte d' Antragues me rendit vostre lettre du 15 qui me conforma l' advis que j' avois reçeu par un autre Courrier de l' elevation au Pontificat de mon Cousin, le Cardinal Pamphilio, qui comme j' espere de la suitte de cette action, me pourra donner lieu, d' en avoir une veritable joye, pour les grands talents que possede la personne de nostre Sainct-Pere, et qu'il voudra sans doute employer au bien de la Chrestienté, et à l' advantage du Sainct Siege, je ne disadvouë pas qu' elle ne m' ait surpirs d' abord dans ces circonstances, mais comme j' ay resolu d' envoyer par delà le Sieur de Gremonville Conseiller en mon Conseil d' Etat, pour tesmoigner à sa Saintectè mes sentimens, et qu'il partira au premier jour bien instruit de mes intentions, et charge de tous les ordres necessaires en cette occurrence.  Je ne vous fais cette lettre par avance, par l' advis de la Reine Regente Madame ma Mere, que pour n' avoir peu dissimuler jusques là l'estrange procedé qu' a tenu envers moy et cette Couronne le Cardinal Antonio, je desire donc qu' aussi tost que la presente vous sera remise vous alliez sans perdre temps demander de ma part audit Cardinal le brevet dont je l' avois honnoré de la protection des affaires de mon Royaume, et luy faire lever mes armes de dessus la porte de son Palais ne voulant pas qu' une personne si indigne de mes bonnes graces conserve dans le Public aucune marque de les posseder, quoy que toute la Cour de Rome soit informé, et se soit scandalisé de son action, que les ennemis mesme de cette Couronne soit les premiers à le mespriser aujourd'huy, je veux partant que vous preniez soin d' en faire mieux entendre les particularitez a y en chacun.

Il n' est pas besoin d' exagerer les obligations que ledit Cardinal m' avoit personne n' ignore le soin que j' ay pris pendant un long cours d' année de le favoriser, et de le faire valoir sans qu' en aucune occasion d' importance j'en aye tiré le moindre service effectif pendant l' authorité que luy donnoit la qualité de nepveu du Pape, au contraire il m' a tousjours payé de continuelles excuses, et de subterfuges, ce que j'ay dissimulé jusques au bout me promettant que du moins en la concurrence d'un conclave la France pourroit pût estre se prevaloir de son credit, la principale negotiation qu' à eue le Cardinal Antonio aupres de moy, pendant plusieurs annees a esté de rendre suspecte, la personne du Pape d' aujourd'huy a ceste Couronne, implorant sans cesse mon assistance pour eviter le peril qui le menaçoit par son exaltation.  Il n'a rien oublié pour cela cognoissant bien que si je ne m' y opposois, c'estoit une chose comme asseurée: la complaisance que j'ay eu pour ledit Cardinal Antoine qui disoit avoir sensiblement offençe mon Cousin le Cardinal Pamphilio en sa personne, et en celle de l'un de ses Nepveux à esté la principale cause qu' adjoustant plus de foy que je ne devois, sans doute à ses relations, je me suis engagé à consentir que les Cardinaux François suivissent les sentimens qu' avoit le Cardinal Antonio de l'exclurre du Pontificat n'ayant eu au reste aucun autre sujet de mesfiance de sa Saincteté d' apresent qui n' eut peut-estre facilement gary, la moindre diligence qui s' en fut faicte, cependant ledit Cardinal par une ingratitude sans exemple abandonnant sa reputation au point que tout le monde voit, a voulu donner s'il eust peu une  attainte à la mienne me privant de la satisfaction, et de la gloire d' exalter un subjet que je cognois tres-digne de la Chaire de Sainct Pierre et de porter le faix du regime de la Chrestienté dans un temps si espineux; qui est celuy de la guerre allumé entre tous les Princes, il a bien passé plus avant apres plusieurs billets qu'il a escrit du conclave mesme pour vous faire asseurer positivement vous qui estiés mon Ambassadeur, que jamais il ne consentiroit à l' Election de mon Cousin le Cardinal Pamphilio sans ma permission, puisque c'estoit luy qui m' y avoit principalement obligé, et apres plusieurs asseurances reiterez sur ce sujet dans le conclave aux Cardinaux François, qui apprehendoient tousjours que son instabilité ne le fit changer avant qu' avoir sçeu mes intentions sans attendre ma response sur la despesche qu' on m' en avoit envoyé par courrier expres, dont il avoit cognoissance il s'est resolu tout à coup de porter de son pouvoir, Mon Cousin le Cardinal Pamphilio, et voyant que le respect de mon nom qui y estoit engage estoit capable de retenir la pluspart des Cardinaux, qui sans cela y eussent concouru par une imposture que l' on avoit peine de croire, il les asseura qu' il avoit receu des ordres plus frais de moy que n' avoient les Cardinaux François qu' il estoit protecteur de France, et sçavoit bien ce qu'il faisoit. Cette supposition faitte un Roy qui l' avoit honnoré de sa consiance, et de la direction de ses interests dans une occasion si importante, meritoit un ressentiment proportioné à l' iniure; mais j'espere que l' effect qu'elle a produit me seri si aggreable, et si utile à la Chrestienté que je me veux contenter de n' estre plus exposé à semblables manquemens en levant toute correspondance avec ledit Cardinal Antonio, outreque son action est si mechante qu' elle est assez punie d' elle mesme vivant dans le monde sans estime, et sans reputation, je suis asseuré que mon procedé envers luy sera trouvé si équitable que j'aurois eu plus de besoin de le justifier, si j' avois dissimulé son manquement, que je n'en auray d' en avoir vié comme je fais. 

Pour ce qui regarde Nostre Sanict Pere,cela n'a rien de commun.  Je suis certain qu'il sera le premier à la prevenir je veux croire aussi qu' ayant l' interest que j'ay d' avoir un Legat en Avignon auquel je puisse prendre consience, sa Saincteté fera consideration à ce que je luy en feray plus particulierement representer par le Sieur de Gremoville, sur ce, je prie Dieu, Monsieur le Marquis de S. Chaumont, de vous avoir en sa Sancte Garde.

escrit à Fontaine bleau le r. jour d' Octobre 1644.

LOVIS

                                                       Lomenie

 


The style. diction, and spelling of the letter are obviously not those of a document prepared by Cardinal Mazarin. It is probably, as the letter indicates, the work of the Queen Mother, Anne of Austria.  The directness of the language is not that of Mazarin either, who was usually restrained and careful, even in his anger, not to say things that could not be modified.  Mazarin would not have let the King say, for instance, au contraire il m' a tousjours payé de continuelles excuses, et de subterfuges, ce que j'ay dissimulé jusques au bout—admitting in public and in print that he dissimulated.  Is is also less than honorable of him to state in public that Cardinal Antonio had for several years rendered suspect the person of Innocent X to the King. It was an act of spite, not statesmanship.  In fact, the French government had long believed that Cardinal Pamphili had a distinct partiality for the Spanish over the French.

When this was written in Fontainebleau on October 4,  Mazarin was apparently back in Paris, having fallen ill.

 

 

 

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April 21, 2014 11:26 PM

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